Les podoko : Qui sont-ils, d’où viennent-ils ?

Pour citer l’article : Abélégué, Alliance Fidèle, « Les Podoko : qui sont-ils, d’où viennent-ils ? », 2016, article inédit.

 

  1. 1.    Qui sont les Podoko ?

Les podoko sont une ethnie du Nord-Cameroun, faisant partie de l’ensemble culturel Kirdi. Ils sont principalement concentrés dans l’arrondissement de Mora, département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord. Cependant, avec l’avancé de la modernité, les

campagne el41

Podoko, comme beaucoup d’autres peuples, se sont éparpillés à travers d’autres villes du Cameroun. On peut citer entre autre : Yaoundé, Douala, Ngaoundéré, Garoua, Bertoua, Maroua, Kousseri, etc. La recherche de l’emploi pouvant accroitre le revenu, et les études sont les principales causes des exodes. Il existe diverses appellations de podoko. En langue locale, le peuple se nomme Parkwa (parәkwa). Selon Christian Seignobos et Henri Tourneux, on peut aussi parler de Parakwa (dérivé de Parkwa, transcription française de l’appellation en langue locale), ou encore de Padogo, Padoko, Padokwa, etc[1]. Des travaux de recherches en sciences sociales comme ceux de Melchisédek Chétima optent pour Podokwo[2]. Chez leurs voisins immédiats, le nom du peuple diffère également. Ainsi, on aura Kudala (kuɗala) chez les Vamé, Parkwaha chez les Mandara et les Mouraha, Massakal chez les Ouldémé.

  1. 2.    Les Podoko, une ethnie Kirdi

Selon la rédaction Afrique Info[3], « Kirdi est un nom issue de la déformation locale du nom "Kurdes" qui désigne de façon péjorative les païens par opposition aux fidèles de l’Islam. ». L’usage du terme dans la littérature occidentale remonterait selon la même source à 1826 avec le Major Denham. Pour Melchisédek Chétima, l’usage du terme par les musulmans de la région était une façon de « mépriser » ces montagnards qui ont résisté aux « campagnes d’islamisation »[4]. Selon les pionniers de la guerre sainte d’antan, islamiser était une procédure de civilisation des ethnies encore barbares, c’est-à-dire fermées à l’Islam qui symbolise ici la civilisation. Chétima appuyait ses analyses sur des précédents travaux notamment ceux de Bernard Juillerat et de Christian Seignobos. Pour Juillerat, Kirdi renvoie au mot « infidèle » du vocabulaire musulman[5], par opposition au fidèle qui fait partie de la Umma. De leur côté, Seignobos et Tourneux considèrent que le mot vient du mot arabe « quird », avec pour pluriel « kerdies » et désigne un singe[6]. Le mot était donc une sorte d’injure, qui par ailleurs justifie le vœu d’islamisation des autres peuples, en même temps qu’il témoigne du ressentiment envers les ethnies qui ont résisté aux expéditions islamistes et esclavagistes. Nous partagerons dans ce sens l’avis de Pierre Royer. Selon lui, un Kirdi n’est pas  simplement « païen, infidèle et sauvage ». C’est davantage un terme qui désigne les « rebelles à l’islamisme »[7].

Considérant ces aspects, Jean Cabot, faisait attribuer le substantif à tous les ethnies non islamisés du Nord-Cameroun. Si le domaine culturel kirdi est identifié par le refus d’islamisation, son domaine territorial se situe ainsi « entre les rives du Logone, les monts du Mandara et de l’Adamaoua[8] ». Ainsi les M’boum, les Gbaya, les Massa, les Mousgoum feraient-ils aussi partie des Kirdi. On distinguerait ainsi entre les Kirdi des montagnes, les Kirdi de l’Adamaoua et les Kirdi des plaines. Parmi les Kirdi, on classerait donc les Mafa (ou Matakam), les Fali, les Kapsiki, les Mada, les Mouktélé, les Ouldémé, les Guiziga, les Moufou, les Gemzek, les Zoulgo, les Vamé, les Mouraha (ou Hurza) les Mouyang, etc.[9] En prolongeant la liste au-delà des Monts Mandara, on citera les Toupouri, les Moundang, les Massa, les Mousgoum, etc. Au-delà de toutes considérations, les ethnies kirdi se partagent un certain lien culturel et historique. Le lien historique que se partagent les ethnies kirdi est sans doute leur expérience commune face à la résistance aux poussées djihadistes et esclavagistes de la période précoloniale. Selon Chétima, « Le  peuplement  des  monts  Mandara  du  Cameroun serait  lié  à  la  fuite  devant  les  razzias  perpétrées  par  ces  royaumes  dans  les territoires dits "païens"[10] ».Ce lien a fortement contribué à forger des attitudes culturels spécifiques, notamment la méfiance vis-à-vis de tout ce qui est « étranger »[11].

  1. 3.    L’organisation socio-politique des Podoko

En tant ethnie, les Podoko sont un ensemble de tribus, chacune identifiée par l’appartenance à un ancêtre commun. Il s’agit notamment de Slalawa, Muguzla, Ujɨle, Uzlәgaya, Kassa, Slalavada, Dakwaɗa, Mezhe, Namba, Gwaŋa, Uzlama, Dɨzla, Hwa. Cependant, la tribu chez les Podoko peut être aussi identifiable à l’exogamie. C’est ainsi que les Slalawa et les Muguzla sont considérés comme une tribu unique en raison de l’interdiction du mariage entre eux. Par contre, bien qu’habitant dans une même aire géographique (village) Mezhe et Gwaŋa ne sont pas une même tribu parce que le mariage est possible entre les membres de ces deux tribus. Allant dans ce même sens, la tribu Kassa se scinde en deux : la première faction occupant les plaines et le piémont, et la seconde un peu plus en altitude appelé pour besoin de différenciation « Baya ». Il faut examiner l’histoire de ces tribus particulièrement pour saisir le pourquoi de ces mutations.

L’ensemble de ces tribus sont repartis en trois cantons, reconnus selon l’organisation administrative du Cameroun comme des chefferies de 2e degré[12]. Le plus important est le canton de Podoko-Sud, avec pour chefferie. Il tient son importance non seulement de sa force démographique, mais aussi grâce à l’ancienneté de la chefferie d’Oudjila et la place qu’elle occupe dans le patrimoine culturel du Cameroun. La Chefferie d’Oudjila. Dans ce canton figurent les tribus Slalawa, Ujɨle, Uzlәgaya. Le canton Podoko-Nord à son siège à Gouvaka et regroupe les tribus Slalavada, Dakwaɗa et Hwa. La grande majorité des tribus constituent le canton Podoko-Centre, avec pour chefferie Godigong[13]. Il s’agit pour ainsi dire des deux Kassa, Mezhe, Namba, Gwaŋa, Uzlama et Dɨzla. L’origine, l’évolution, l’organisation et le fonctionnement de ces chefferies nécessite une autre étude.

  1. 4.    Le peuplement des villages podoko.

Le peuplement est un processus historique et démographique qui indique comment une région ou une localité donnée est peuplée. Pour établir une telle perspective, l’absence d’écrits a fait que les spécialistes qui se sont penchés sur la question se soient basés sur des récits oraux tels que les mythes et légendes, la comparaison des arbres généalogiques, des communications et entretiens avec les autochtones, etc. Contrairement à l’idée que défend Bernard Juillerat, les Podoko n’ont pas selon les récits oraux, « une origine commune[14] ». Il existe environs trois sources du peuplement des villages Podoko qui prouvent le contraire.

La première source est un mythe qui explique qu’une bonne partie des Podoko vient de Waza. C’est cette dernière qui est plus répandue, et souvent élargie à toute les tribus podoko, voire à d’autres peuples de la région. Juillerat par exemple suppose que les Makdaf (Makәɗafә), une partie de l’ethnie Matal (ou Mouktélé) seraient « à  l'origine  une  fraction podoko  venue  s'établir  plus  avant  dans  le  pays[15] ». Le chant « Sa njiŋa laki sa dә Wadza ma » (Jadis nous étions à Waza notre chose). Confortent cette version. Un extrait du chant indique en même temps la raison de la migration vers les montagnes :

A mbaramu tawә su dә wadza mayә na ?

(Qu’est-ce qui nous a poussés à venir sur la montagne ?)

A mbaramu kәli sà dzaŋә Parәkwa

(C’est par force que nous somme venu sur la montagne Podoko)

A mbaramu ɗәwә sà dzaŋә kwalama

(C’est le Wandala qui nous a poussés à venir sur la montagne)

A pɨrɨɗә wa tà cә uve

(Il nous maltraite pour qu’on se fasse circoncire)

Cependant, selon ce chant, seules les tribus Slalawa (et Muguzla), Uzlәgaya, Kassa, Slalavada, sont concernées. Les Oudjila (Ujɨle) seraient une faction des Mada. Aucune mention par contre n’est faite s’agissant des autres tribus. Mahama Abel donne une explication à ce retrait de la tribu Ujɨle : « La lecture que nous pouvons faire de ce constat est que arrivés à Waza, il y a eu scission du groupe partis au même moment, vers des directions différentes pour se retrouver à un même endroit[16] ».

campagne el50

Une légende racontée chez les Uzlәgaya dit qu’un homme éleveur avait perdu sa vache et envoya ses trois fils à sa recherche. Ceux-ci se laissaient guidés par les traces des pattes et les selles de la vache. A leur surprise, la vache suivait une liane du calebassier. Arrivée à Uzlә huma (source de Huma), ils retrouvèrent la vache couché près de la source et la liane avait formé à cet endroit une courge. Le rapport de voyage des pèlerins fut interprété comme un singe envoyé par Dieu pour quitter Waza pour les montagnes découvertes à une soixantaine de kilomètres plus loin. La vache fut sacrifiée en signe de reconnaissance, tandis qu’avec la courge, une calebasse est fut faite et concernée. Elle était utilisée dans des pratiques traditionnelles comme l’expiation (tuli muta[17]) ou le processus consistant à sceller l’acquisition des terrains (cesli yәwa[18]). Les autres tribus auraient ainsi suivi les Uzlәgaya par la suite.

Une dernière source est un mythe qui explique que certaines tribus Podoko sont autochtones. Il s’agit principalement des Namba et des Uzlama. Ousman Ésaïe[19] nous racontait que ces deux tribus ont un même ancêtre et il seraie sortie de la boue, avant même que les autres tribus Podoko ne viennent de provenance de Waza. Selon lui, ce sont eux les vrais « parәkwa), « nous autres "Podoko" sommes venus les retrouver ici et ils nous ont accueillis ». Selon cette phrase « Parәkwa » et « podoko » renverraient à deux réalités différentes. Les « Parәkwa » seraient les « podoko autochtones », ceux qui ne viennent ni de Waza ni de chez les Mada, tandis que ceux qui y viennent sont des « podoko » dérivé de « kotoko ». Les Podoko actuels sont donc une fusion des « Parәkwa » retrouvés sur place et des « Podoko » venant de Waza.

  1. 5.    Origine des Podoko

Selon toute vraisemblance, l’origine de Waza est la plus répandue et la plus admise. Elle est aussi la théorie qui correspond le plus à la réalité. Mais selon Chétima, les Podoko descendent des Sao et leur origine remonte au-delà de son séjour à Waza, présenté comme « une étape d’une longue migration en provenance des régions beaucoup plus septentrionales[20] ». Ousman Essaie nous renseignait qu’avant Waza, les ancêtres des Podoko ont habité d’abord autour d’un amas d’eau appelé « palmara ». Chétima avait rencontré dans ses communications personnelles cette même idée, et parviens à la conclusion selon laquelle le « palmara » serait sans doute Lac Tchad[21]. Mahama Abel abonde dans le même sens et soutien qu’il faut remonter « à la civilisation paléo soudanaise et méditerranéenne » pour fixer les origines des Podoko[22] ». Il suffit selon lui, de considérer les similitudes culturelles et artistiques cette civilisation et l’activité artistique des Podoko. Il évoque notamment la fumure des terres, la pratique des cultures agricoles en terrasses sur les collines, les grattoirs, les pierres taillées, les burins, la poterie avec des jarres en forme d’urne, les greniers, etc.

Par ailleurs la langue Parkwa parlée par les Podoko « est classée par les linguistiques dans la famille des chamito-sémitique ou afro-asiatique[23] ». Elle est une langue « tchadique » selon Seignobos et Tourneux, au même titre que d’autres langues des Monts Mandaras : Mada, Mafa, Lagwan, les langues Kotoko, Mouktélé, Mbokou, Molko, Mofou, etc. Pour nos deux auteurs, estimés à plus de 150, « On trouve des langues tchadiques au sud du Niger, au nord du Nigeria et du Cameroun, ainsi qu’au Tchad. La langue tchadique la plus répandue est le Hausa[24] ». C’est-dire que sur le plan linguistique, le Parkwa fait partie de la même famille que les celles géographique de l’« une aire géographique considérable qui s’étend du Nord de l’Afrique (du Maghreb jusqu’au Nigeria et une partie au Cameroun parmi lesquelles le PARKWA), en passant par l’Éthiopie et la Somalie[25]». Waza, Tchad, Soudan, Éthiopie, Somalie seraient donc le périple des Podoko et de bien d’autres peuples de la région « tchadique ». A partir de là, on peut formuler l’hypothèse selon laquelle, les Podoko descendent de Cush, premier de Cham fils de Noé, à la descendance du qui est attribué le peuplement de l’Éthiopie.

 

A propos de l’Auteur :

ABELEGUE Alliance Fidèle

-          Étudiant en Master philosophie à l’Université de Yaoundé 1 (UYI), spécialité : « Épistémologie et Logique ».

-          Étudiant en Master Développement International à l’Institut Universitaire de Développement International (IUDI), spécialité : « Philosophie du développement ».

-          Courriel: alfabe89@gmail.com

 

 

Bibliographie

  • Afrique Info, « les Kirdis sont un ensemble d’ethnie du nord du Cameroun », |En ligne| URL : http://tchadonline.com/index.php/les-kirdis-sont-un-ensemble-d%E2%80%99ethnies-du-nord-du-cameroun/, consulté le 22 mai 2016
  • Cabot, Jean, « Parmi les Kirdi du Nord-Cameroun d’après Bertrand Lembezat et Igor Garine », in Annales de Géographie, tome 74, n°403, 1965, pp. 362-364. |En ligne| URL : http://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1965_num_74_403_17078, consulté le 23 mai 2016.
  • Chétima, Melchisédek, « Sources orales et contribution à l’histoire des peuples montagnards du Cameroun (Monts Mandara). Une expérience personnelle de terrain » |En ligne| URL : http://artsites.uottawa.ca/strata/doc/strata3_001-023.pdf, 25 mai 2015.
  • Chétima, Melchisédek, « Mémoire refoulée, manipulée instrumentalisée. Enjeux de la transmission de la mémoire servile dans les Monts Mandara du Cameroun », in Cahiers d’Études Africaines, no218, 2015, pp.303-330
  • Juillerat, Bernard, « Note sur les origines d’une ethnie "Kirdi" : les Mouktélé (Nord-Cameroun) », in Journal de la Société des Africanistes, tome 38, fascicule 2, 1968, p.95. pp.95-112 |En ligne| URL : http://www.persee.fr/doc/jafr_0037-9166_1968_num_38_2_1431, consulté le 23 mai 2016.
  • Juillerat, Bernard, Les  bases  de  l’organisation  sociale  chez  les Mouktélé  (Nord-Cameroun).  Structures  lignagères  et  mariage,  Paris,  Mémoires  de  l’Institut d’Ethnologie.
  • Lembezat, Bertrand, « Kirdi. Les populations païennes du Nord-Cameroun » in Mémoire de l’IFAN, no3, 1950.
  • Mahama, Abel, « Historique de la population Podoko », 2006, |En ligne| URL : http://podoko.afrikblog.com/archives/2006/08/05/2416459.html, consulté le 23 mai 2016.
  • Royer, Prière, « Quelques documents sur les populations "Moundan" et "Kirid" du Cameroun septentrional », in Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 8e série, tome 4, 1933, pp.18-21. ­­|En ligne| URL : http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1933_num_4_1_9156, consulté le 23 mai 2016.
  • Seignobos, Christian et Henri. Tourneux, Le Nord-Cameroun à travers ses mots. Dictionnaire des termes anciens et modernes, Paris, Karthala, 2002.
  • Vossart, Jean, « Histoire du Sultanat du Mandara », in Études camerounaises, vol. IV, no35-36, pp.19-52.


[1] C. Seignobos et H. Tourneux, Le Nord-Cameroun à travers ses mots. Dictionnaire des termes anciens et modernes, Paris, Karthala, 2002, p.217 et 228.

[2] Voir son mémoire de Maîtrise (2006), de DEA (2008) et sa thèse Ph.D (2014).                        

[3] Afrique Info, « les Kirdis sont un ensemble d’ethnie du nord du Cameroun », |En ligne| URL : http://tchadonline.com/index.php/les-kirdis-sont-un-ensemble-d%E2%80%99ethnies-du-nord-du-cameroun/, consulté le 22 mai 2016

[4] M. Chétima, « Sources orales et contribution à l’histoire des peuples montagnards du Cameroun (Monts Mandara). Une expérience personnelle de terrain » |En ligne| URL : http://artsites.uottawa.ca/strata/doc/strata3_001-023.pdf, 25 mai 2015, p.6.

[5] B. Juillerat, Les  bases  de  l’organisation  sociale  chez  les Mouktélé  (Nord-Cameroun).  Structures  lignagères  et  mariage,  Paris,  Mémoires  de  l’Institut d’Ethnologie, p.7

[6] C. Seignobos et H. Tourneux, Le Nord-Cameroun…, op.cit., p.154.

[7] P. Royer, « Quelques documents sur les populations "Moundan" et "Kirid" du Cameroun septentrional », in Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 8e série, tome 4, 1933, p.19. ­­|En ligne| URL : http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1933_num_4_1_9156, consulté le 23 mai 2016.

[8] J. Cabot, « Parmi les Kirdi du Nord-Cameroun d’après Bertrand Lembezat et Igor Garine », in Annales de Géographie, tome 74, n°403, 1965, pp. 362-364. |En ligne| URL : http://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1965_num_74_403_17078, consulté le 23 mai 2016.

[9] Cf. C. Seignobos et H. Tourneux, Le Nord-Cameroun…, op.cit. ; M. Chétima, « Sources orales… », op.cit. ; B. Lembezat, « Kirdi. Les populations païennes du Nord-Cameroun » in Mémoire de l’IFAN, no3, 1950 et Jean Vossart, « Histoire du Sultanat du Mandara », in Études camerounaises, vol. IV, no35-36, pp.19-52.

[10] M. Chétima, « Sources orales… », op.cit., p.1

[11] Ibidem.

[12] Toutes les chefferies montagnardes des Monts Mandara sont de 2e ou de 3e degré. Elles dépendent du Sultanat du Wandala qui détient le 1er degré dans le Mayo-Sava. Il y a donc dans la cartographie camerounaise des chefferies traditionnelles une problématique culturelle, parce que les Kirdi et les Wandala n’ont pratiquement rien en commun sur le plan culturel. En plus, subordonner les chefferies Kirdi au Sultanat du Wandala revient à donner du crédit aux conquêtes esclavagistes des anciens royaumes musulmans.

[13] Godigong chefferie est partie de ce qu’on appelle Godigong, une localité à cheval entre Podoko-Sud et Podoko-Centre. La mayo maɗi zakwata aux abords de laquelle est placé le marché de lundi sert officiellement de limite entre les deux chefferies.

[14] B. Juillerat, « Note sur les origines d’une ethnie "Kirdi" : les Mouktélé (Nord-Cameroun) », in Journal de la Société des Africanistes, tome 38, fascicule 2, 1968, pp.95-112 |En ligne| URL : http://www.persee.fr/doc/jafr_0037-9166_1968_num_38_2_1431, consulté le 23 mai 2016.

[15] Ibid, p.97.

[16] A. Mahama, « Historique de la population Podoko », 2006, |En ligne| URL : http://podoko.afrikblog.com/archives/2006/08/05/2416459.html, consulté le 23 mai 2016.

[17] Purifier le malade ou le supposé possédé en lui versant de l’eau par cette calebasse.

[18] Littéralement : « semé de l’eau ». Après l’achat d’un chant, les contractants faisaient appel aux anciens qui confirment la transaction. Un trou est fait dans le chant, et on y verse de l’eau avec la calebasse mystique avant de le refermer.

[19] Homme, 54 ans, Pasteur en servie à l’église de Godigong-Centre-marché et Chef traditionnel de 3e degré à Talla-Dabara (Canton de Podoko-Sud), entretien du 14 octobre 2015 à Godigong-centre-Marché (Gwaŋa, Mezhe et Uzlama).

[20] M. Chétima, « Sources orales… », op.cit., p.2

[21] M. Chétima, « Mémoire refoulée, manipulée instrumentalisée. Enjeux de la transmission de la mémoire servile dans les Monts Mandara du Cameroun », in Cahiers d’Études Africaines, no218, 2015, pp.303-330

[22] A. Mahama, « historique… », op.cit.

[23] Ibidem.

[24] C. Seignobos et H. tourneux, Le Nord-Cameroun…, op.cit., p.265.

[25] A. Mahama, « Historique… », op.cit.